Kobudo

On ne peut raconter l'histoire du "KOBUDO", quel que soit son pays d'origine, sans se reporter au contexte historique qui l'a vu naître. A l'époque des Samouraïs, le petit royaume de l'île d'Okinawa était vassal de Shimazuhan, seigneur de Kagoshima. Ce seigneur exigea des habitants de l'île l'abandon de leurs armes afin de prévenir toute rébellion. Ingénieux, les habitants d'Okinawa détournèrent de leur utilisation originelle les ustensiles de leur vie quotidienne, tel le matériel de pêche, pour en faire des armes. Ainsi s'inventa une nouvelle technique de défense : le "KOBUDO


Le "KATA" qui a puisé ses origines dans la tradition d'Okinawa, utilise jusqu'à nos jours de nombreux objets courants. Mais une sérieuse réflexion s'impose sur ce point précis : le perfectionnement du matériel
et l'invention des armes résultent de prodigieux efforts des créateurs.
Donc la tendance actuelle à considérer le "KOBUDO" comme un divertissement sportif n'a aucun sens. Le décalage dans le temps ne devrait pas être un obstacle, pour les amateurs d'aujourd'hui, à saisir la vocation passionnée des initiateurs; nous demeurons fascinés par toute création faite au péril de la vie. Ainsi le "NUNCHAKU" a connu sa popularité grâce aux médias, il est tout à fait admis, bien entendu, de le pratiquer comme un divertissement, mais il ne faut pas le considérer dans ce cas comme le "KOBUDO" authentique. Les critères des sociétés actuelles nous poussent vers la facilité et, de ce fait, dans tous les pays, et quelle que soit leur culture, on perd de vue la
puissance créatrice de l'esprit humain. Je ne suis certainement pas le seul individu accablé par la naïveté de ses contemporains qui agissent vainement en oubliant l'essentiel : cet essentiel est l'esprit humain qui, lui, est universel.


A ceux qui vont apprendre, ou qui apprennent déjà le "KOBUDO' je souhaite vivement qu'ils en reconsidèrent le but ; je les exhorte à garder toujours à l'esprit que le matériel du "KOBUDO" qui servit
autrefois à la lutte sert aujourd'hui à l'harmonie entre les êtres, donc à la paix ; je voudrais aussi qu'ils professent ces principes.  Étant l'un des maîtres qui enseignent le "KOBUDO", j'ai la ferme intention de l'acclimater en Europe, sans le distraire de ses valeurs traditionnelles. 

 

Historique de la fédération du "KOBUDO" d'Okinawa
L'ancêtre Shinko MATA YOSHI, troisième fils de Shinchin, naquit en 1888 à Naha-shi dans le quartier de Kakinohana-cho; il fut élevé à Chitan-son dans le quartier de Senburu. Dès l'enfance, il étudia le BO" d'Okinawa, I'"ÊKU", le "KAMA" et le "SAI" sous la direc-
tion du maître Shokuho AGENA de Gushikawa-son dit Gushichan - têragoa; ensuite, à Chatan-son dans le quartier de Nozato, le maître IR El dit Gitodêmôshîgoa, lui enseigna le "TONKUWA" et le NUNCHAKU"


Au début du siècle, et afin d'approfondir ses connaissances en arts martiaux, Shinko effectua un périple qui le fit passer par Hokkaido, Salchaline, Mandchourie, Shangaï, Fukushu et Annan. En Mandchou - Rie il apprit notamment, en voyageant de concert avec un cavalier brigand, l'équitation, le maniement du couteau à lancer et du lasso. A
Shanghaï, le vieux maître KINGAI, l'initia à l'art du "TINBEI", du SURUCHIN" et du "NU NTI" ainsi qu'aux thérapeutiques chinoises et à l'acupuncture. En 1935 il rentra à Okinawa, puis déménagea à Naha pour y étudier les techniques avec des maîtres des arts martiaux. Dans le monde des arts martiaux on le surnomma Matêshi "main de faucille" ou Matêshi SENBARU; en 1947, à l'âge de 59 ans il s'éteignit
laissant beaucoup de regrets.

 

Après la guerre, son fils, le maître Shinpo MATAYOSHI, perpétua sa tradition en enseignant le "KOBUDO" d'Okinawa à Kawasaki-shi dans le département de Kanagawa-ken. Rentré à Okinawa dès 1960 il continua son enseignement dans le "dôjô" du vieux maître Sekô HIGA de Gôjû-Ryu ainsi que dans diverses localités du Japon même hors de
l'île d'Okinawa.


Le maître était pleinement conscient que dans le développement des arts martiaux, le succès du 'KARATE DO" et l'absence de vrais enseignants de "KOBUDO" nuiraient à son développement. En conséquence, il fonda le 'dôjô" nommé Kôdokan, du nom de son père,Ko, afin d'initier au secret du "KOBUDO" d'Okinawa les disciples
authentiques. En 1970, Shinpo fonda la "fédération du KOBUDO" qui, au moyen d'un enseignement orthodoxe exercé sur le corps et l'esprit des jeunes
gens, cultive de vraies valeurs morales. Ainsi, dépassant le cadre d'Okinawa et du Japon, le "KOBUDO" authentique est enseigné
dans le monde entier.

Kenyu CHINEN

Organigramme du KOBUDO

Définition OSHUKAI

Oshukaï signifie "Ecole des techniques originelles"

 - O : a plusieurs sens comme Loi, unique, premier ou encore meilleur. Le roi du château de Shuri peut être identifié par O, cela rappelle les origines du Shorin-Ryu qui provient du quartier de Shuri (Okinawa).

 - Shu : contient la notion de travail "entrainement technique" ainsi que la mise en place d'une discipline, en faisant des efforts : efforts dirigés sur l'élaboration d'un combat continuel sur soi-même, et ce afin d'arriver également au contrôle de soi.

 - Kai : ce terme exprime l'esprit de groupe, d'équipe, et d'organisation. Tout d'abord nous somme amenés à faire des rencontres, puis à entretenir des relations et par la suite faire des échanges sur tous les plans (national, international, ...) Ces objectifs ont pour but de se rapprocher les uns  des autres, d'apprendre à mieux se connaitre et ainsi d'approfondir des liens d'amitiés entre tous. Notre but est d'avancer tous ensemble vers le même objectif.